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Une Table, un Arbre, Quelqu’un

(cette pièce est en cours de création)

 

Public à partir de 14 ans

Durée estimée 45 mn

Textes et musiques/ De et avec Élodie Fourré et Cécile Blaizot-Genvrin

Regards et oreilles complices François Lemonnier et Émilie Horcholle (théâtre, musique), Eric Martin (danse)


Au départ, il y a une table. Il y a un arbre. Y a-t-il quelqu’un?
Je me pose. Là. J’écoute. Sans chercher à savoir où cela me mènera.

« Cette pièce parle de solitude et d’isolement. D’intimité aussi. De ce que l’on en fait.
Une mise-en-boîte poétique. Un personnage dans un espace clos. Un temps donné.
Avec le regard qui voyage d’un côté à l’autre du miroir et des épidermes.
Croisements et fragmentations étranges. Perception du monde et de la folie. »

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Un jour j’ai été un arbre

 

Je voudrais être une japonaise
Une petite pas ordinaire
Une qui se tape le derrière
Une qui ne fait pas de manière.
Je voudrais être cette japonaise là
Celle qui rit quand elle fait caca
Celle qui dit: t’es là? Pas là? Hop là!
Celle qui t’attend mon roi!
Je voudrais être cette japonaise pas niaise
Celle qui dort pas sur ses arrières
Celle qui fait pas de manière, se la joue vulgaire
Juste une petite super, pas ordinaire.

La japonaise

M’affleure de peau

 

Une vision de la vie sans les yeux.
La particularité de ce regard déshabille l’art jusqu’au singulier. A part ça, on va mieux en les voyant. Avant on était non voyants. On ne voyait que la mort. Elles nous disent l’en de-ça de la mort. Elles nous dansent la vie en gardant la grâce de ne pas chanter plus fort que nos blessures. Les blessures régulières des femmes, les irrégulières des hommes. Elles assurent sur scène en soufflant sur les miettes de nos peaux d’anges.

Oui, d’anges heureux en sortant du spectacle, car il n’y a plus grand danger que la vie. Le violoncelle d’Élodie n’est plus seul. Le poème de Cécile est au chaud dans sa laine. Oui, c’est vrai, avant nous, c’était elle. Avec sa sève, l’écho de sa voix offerte aux vivants et la caresse dans les cheveux avant l’école. Et en plus, leur ventre, leur ventre, sa circulation, ses vaisseaux sanguins, sous l’écorce. J’ai oublié de vous dire : avant, elles étaient un arbre. Après leur spectacle…nous aussi !
Prendre nos blessures dans nos bras tant qu’on est vivant. Les regrets restent à la porte de la paupière, sinon, elles cassent tout !L’autre a des guerres sans déclaration. Attention, elles cassent tout ! L’autre a des déclarations d’amour qui peuvent faire saigner. Attention, elles cassent tout !

Écrit de François Lemonnier, sortie de résidence à Ducey (Manche-50)